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Bilan 3LF2019

AFTERMOVIE DU FESTIVAL

La 22ème édition du festival Les 3 éléphants avait lieu cette année du 22 au 26 mai 2019. L’évènement, à plus d’un titre exceptionnel, a été marqué par la présence d’un public au rendez-vous : 36 000 personnes sur les 5 jours, dont 9 000 payants, soit une affluence totale en hausse de près de 20%.

Chaleureusement salué à plusieurs niveaux, le festival cette année a su fédérer encore une fois, en affichant complet le samedi soir, 15 jours avant l’ouverture des portes ; une première. Cette année 2019 est une année record en terme de fréquentation !

 

© Adrien Vincent

 

« Comme chaque année vers la fin du mois de mai, une drôle de population prend ses quartiers dans le haut Laval. Ils arrivent du Mans, de Rennes, de Poitiers, le gaffer en bandoulière, électros, techniciens, décos, magasiniers, bientôt rejoints par Marcel, l’homme qui barricadait plus vite que son ombre, en quelques jours, ils vont transformer la place de Hercé en un immense terrain de fête.

Et tandis qu’ils s’affairent dans l’upper Laval, downtown, l’émulation a déjà commencé. Cette année, dès le mercredi, commerçants, bars et restaurants ouvrent leur portes à des programmations gratuites sous forme de parcours musicaux. De cet épisode pilote d’un déploiement en ville – qui a pour ambition de s’étendre davantage, on retiendra les bancs qui voltigent dans le public survolté de Zed Yun Pavarotti ou le Vin’yle Bar qui déborde joyeusement dans toute la rue Solferino.

 

© Florian Renault

 

La filière musicale s’en souviendra, du moins ceux qui, au Théâtre, participaient aux Rencontres Professionnelles & Showcases organisées sur 2 jours. 150 participants, des sujets d’actualité, des échanges, des conférences, des émissions de radio, un volet qui a pris de l’importance au fil des mois, et qui est amené à se pérenniser.

Et pendant que tout ce beau monde cogite échange et boit des coups, tout là-haut, place de Hercé, la déco pose les dernières vis, la com refait des pass en urgence, Aude recompte ses stocks pour les loges, et l’équipe du VIP se prend les pieds dans les cartons y’en a partout mais sisi ça va le faire. Et en effet, c’est sous un soleil généreux que les jardins de la Perrine accueillent une centaine d’invités pour le lancement de cette 22e édition des 3 éléphants. 5, 4, 3… oh bah non hein, j’vais pas vous la faire chaque année ;) allez c’est parti : ouverture des portes !

 

© Alexis Janicot

 

Malik Djoudi ouvre le bal, suivi de Clara Luciani, icône du soir auréolée de sa Victoire, Madame ! C’est vrai qu’elle est classe. Varièt’ assumée et elle fait largement le job. Heureusement que son décor de cathédrale ne prend pas autant de place que celui d’Etienne de Crecy, notre Etienne de Rennes a dû pousser les murs pour le faire rentrer – mais le résultat est là ! Côté Patio, Flohio surprend, séduit, et assoit notre positionnement avant-gardiste. Puis Caballero & JeanJass roulent roulent vers la Californie à bord d’un break sur scène. Et s’il fallait encore une preuve que ce festival est plus qu’à taille humaine mais une véritable réunion de famille, laissez-moi vous confier qu’en coulisses, les échanges allaient bon train dans la loge d’Atoem entre Etienne de Crecy et SebastiAn – on adore ça.

La soirée est déjà terminée quand un tourbus approche dans la nuit… C’est Jeanne. Connaissez-vous la légende des 3LF ? On dit que quand il y a un tourbus, ce sera un soir complet. Et bien la légende a dit vrai, sur le weekend, on aura même eu 3 tourbus – je propose d’agrandir le parking artistes pour les années à venir !

 

© Alexis Janicot

 

Le bulletin météo du samedi matin est encourageant, et en effet, les spectacles de rue font le plein. Programmation de haute voltige, ambitieuse, dont on relèvera la bonne idée de création 2019 qui adapte l’oeuvre de Fabcaro “Zaï Zaï Zaï Zaï”. Cette année, les 3LF se sont aussi déployés dans toute l’agglo, et quelques privilégiés ont pu embarquer à bord de bus de l’ambiance vers de mystérieux Cache-Cache. Dans l’enceinte mystique de l’Abbaye de Clairmont ou le décor industriel de l’aérodrome d’Entrammes, ces mises en place inattendues ont ravi les spectateurs. Au Village, les pelouses sont noires de monde, dans les rues de Laval les Plus Plus s’enchainent ; indéniablement, cette édition rassemble, le centre-ville est irrigué de propositions artistiques et le public, joyeux, les engloutit avec la curiosité qu’on lui connaît. Car oui, il faut le dire, le public mayennais est le meilleur du monde et c’est Jeanne Added elle-même qui le dit messieurs dames je cite : « à Laval, le public est l’un des plus excités que j’ai pu croiser. »

 

© Aurèle Bossan

 

Et en effet, les jeunes mayennais sont al et ils sont ponctuels ! Dès l’ouverture des portes ils se précipitent devant leur favori, puis se ruent d’une scène à l’autre plus vite que LGV, scandent tous les refrains dans une ferveur peu catholique – quelle mémoire phénoménale ils ont ces jeunes ! ils connaissent sur le bout des doigts les oeuvres intégrales de Maxenss, Koba Lad, Columbine, Josman, RIP George Sand RIP Malraux – reste cette immense soif de jus de pomme aussi surprenante que peu profane, et là je dois l’avouer, on a un peu été dépassé par les événements ! Quelques interventions ès bobologie à déplorer du côté du PC sécu mais rien de grave, les parents ne sont jamais bien loin, probablement devant Jeanne Added qui nous livre une fois de plus un show d’une rare intensité, ou devant Nova Materia qui, côté Club, fait de nouveaux adeptes – à moins que ces adultes peu conscients ne se soient laissés engloutir dans les névroses post punk de Psychotic Monks, allez savoir. Dans tous les cas, rendez-vous demain au pti dej pour un debrief en famille, avant d’éplucher le programme de la rue du dimanche.

 

© Aurèle Bossan

 

Quelques gouttes de pluie font ce matin-là un passage éclair, puis s’éclipsent poliment pour laisser place à la météo idéale d’un dimanche en famille – celui-ci va faire exploser les compteurs des clicqueurs. L’esplanade du Châteauneuf est noire de monde, les artistes et le public couvrent les voix des journalistes de France Bleu installés, comme l’an passé, au coeur du festival.

Les acrobates voltigent, on retient son souffle, des formes de théâtre de rue participatives et intelligentes questionnent les spectateurs, on rit, on rêve, on oublie tout, on voyage, on se révolte c’est décidé on va changer le monde, voilà tout l’intérêt de nos évènements, le sens de nos grandes messes, oui pourquoi fait-on tout cela ? pour créer des espaces de rêve, de liberté, de folie, pour oublier, pour aimer, pour transmettre, et pour remettre le sensible et l’humanité au coeur du débat, car oui la Culture est bien l’un des enjeux majeurs et vitaux de la citoyenneté à venir.

 

© Alexis Janicot

 

Comme chaque année, petits et grands finiront leur journée au Village, un petit tour de manège mais alors vraiment tout petit, une fanfare, quelques Moustaches, le petit frère a bien chanté au Théâtre sur Multipistes,  c’est sûr, tout le monde va bien dormir ce soir, des images des couleurs des copains plein la tête ; et c’est déjà fini oh zuuut-eux, le soir sous la couette tout le monde va repenser à ces bons moments – les réseaux sociaux ont ça de bon qu’on peut y prolonger un peu la fête. Bien sûr, nous aussi sommes un peu triste quand elle est finie, alors on vous le promet, on recommence tout ce bazar l’année prochaine ! » Perrine Delteil, Programmatrice.

 

Association Poc Pok . 177 rue du vieux Saint Louis . 53000 Laval . 02 43 59 77 80 // Site par La Confiserie